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Bulletin, avril 2016

Forum social mondial (FSM) et environnement : l’unité retrouvée

par Claude Vaillancourt

Plusieurs grandes organisations environnementalistes se sont réjouies de l’entente signée à Paris à la suite de la dernière Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21). Elles considèrent que l’intention de maintenir le réchauffement climatique à moins de 20C est une victoire considérable, et que l’entente constitue à elle seule un bel exploit, puisqu’elle a réussi à rassembler 195 pays aux intérêts très diversifiés, parfois contradictoires.

Mais les militantes et les militants réunis au contre-sommet, d’abord à Montreuil, puis à Paris, prétendent que COP21 est un échec. Ils s’inquiètent surtout de l’absence de contraintes dans l’accord : une position de principe a peu d’impact si on ne prend pas des moyens fermes pour forcer les pays à la soutenir.

D’autres faiblesses de l’accord ont été soulevées : un financement insuffisant pour combattre les effets des changements climatiques et favoriser une véritable transition écologique ; des échéances trop longues pour évaluer les résultats, alors que le problème nécessite des réactions dans des délais particulièrement serrés. De plus, ces groupes ont dénoncé l’adhésion à de « fausses solutions », comme la bourse du carbone, ou la captation et le stockage du carbone dans le sol ou les océans.

Le milieu environnementaliste est donc sorti divisé de cette rencontre internationale. Plusieurs grandes ONG, comme Greenpeace et Sierra Club à l’international, ou Équiterre et l’AQLPA au Québec, ont suivi de près les négociations officielles qui se déroulaient au Bourget, en banlieue de Paris. Elles ont tenté d’influencer le résultat final par un lobbyisme allant à contresens de celui très persistant des grandes entreprises. Se considérant un peu comme partie prenante du résultat final, il devenait difficile pour elles de ne pas s’en réjouir.

Pour d’autres groupes, comme la Coalition Climat 21, ATTAC, les Amis de la Terre, Via Campesina, Alternatiba, les jeux étaient faits avant même l’ouverture de la conférence. Des brouillons de l’accord circulaient, et les longs mois de préparation du sommet permettaient de savoir quelle en serait l’orientation générale. Le résultat de la conférence a d’ailleurs été celui anticipé, même si certains s’étaient permis d’espérer une meilleure entente.

Il y a donc une unité à reconstruire au sein du mouvement environnementaliste. Les enjeux devant nous sont beaucoup trop importants pour que ce dernier puisse s’affaiblir à long terme par des divisions. Un point de vue semblait partagé par tous au lendemain de la COP21 : l’Accord ne permettrait pas d’arriver à des résultats satisfaisants sans une très importante pression populaire pour rappeler aux élus leurs engagements. Il serait donc possible de retrouver une certaine unité en stimulant des actions allant en ce sens.

Des cibles communes peuvent être rassembleuses. Au Québec, par exemple, il devient essentiel d’empêcher la construction de l’oléoduc Énergie Est. Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) considère qu’il faut laisser 80% des réserves de pétrole, de gaz ou de charbon sous terre. Puisque d’importantes mobilisations citoyennes ont empêché la construction de pipelines en Colombie-Britannique et aux États-Unis, il ne reste plus que le Québec comme voie de sortie au pétrole archipolluant des sables bitumineux. Bloquer ce projet nuirait considérablement à l’exploitation de cette ressource.

Le FSM à Montréal arrive ainsi à un moment approprié. La mobilisation contre l’oléoduc Énergie Est n’est pas seulement une lutte locale, elle peut rejoindre aussi les personnes de tous les pays qui jugent essentiel de réduire considérablement l’exploitation des énergies fossiles. En ce sens, il s’agit là d’une bataille symbolique qui, si elle est gagnée, peut en stimuler d’autres. Cette question devra rester omniprésente pendant le FSM. 

Un FSM à Montréal, en se donnant comme lieu de rencontre important, pourrait éventuellement rapprocher les environnementalistes. Ce qui ne sera pas facile après les désaccords des lendemains de la COP21. Mais il faut espérer que la gravité de la situation et la mise en branle de projets communs pourront réunir les différentes factions. Ne serait-ce que pour ça, le FSM à Montréal trouve son entière justification.



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