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Bulletin, octobre 2019

Les partis fédéraux vers la transition environnementale et énergétique

par Baptiste Godrie

Deux semaines après une mobilisation citoyenne historique pour la planète, au Québec et dans le reste du Canada, Attac-Québec propose un tour d’horizon des programmes de principaux partis lancés dans la course électorale fédérale en matière d’énergie et d’environnement.

 


 

Parti conservateur du Canada (PCC)

Parti libéral du Canada (PL)

Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD)

Parti vert du Canada (PVC)

Bloc Québécois (BQ)

Gaz à effet de serre (GES)

Atteindre les cibles de l’Accord de Paris, soit de réduire de 30% les seuils de 2005 d’ici 2030.

Atteindre la cible de zéro émission nette de GES d’ici 2050 ; Éliminer les centrales au charbon d’ici 2030 ; S’assurer que 90% de l’électricité provienne de sources non émettrices de GES

Dépasser l’objectif actuel de réduire d’ici 2030 les émissions de GES de 30% par rapport au niveau de 2005 (réduire à moins de 450 millions de tonnes les émissions de GES au lieu de 513)

60% de réduction des GES par rapport au niveau de 2005 d’ici 2030 ; Zéro émission d’ici 2050.

Projet de loi pour contraindre le Canada à atteindre les cibles fixées par l’Accord de Paris (cf. 30%). Réviser les objectifs de réduction de GES tous les 4 ans.

Pipeline (GNL, Trans Moutain) et pétrole

Exploiter le pétrole canadien pour atteindre l’indépendance énergétique d’ici 2030 ; Créer un « corridor énergétique pancanadien » de 7000 km à travers le pays pour construire chemins de fer, pipelines et lignes de transmission électrique ; Abolir la loi C-48 qui réduit la portée du transport du pétrole brut le long de la côte nord de la Colombie-Britannique et la loi C-69 qui resserre les évaluations environnementales des projets énergétiques.

Investir les 500 millions de dollars en recettes anticipées annuellement par l’expansion du pipeline Trans Mountain dans des projets d’énergie renouvelable.

À terme, vendre ce pipeline.

Éliminer progressivement « les subventions inefficaces aux combustibles fossiles » ; GNL : le Québec aura le dernier mot en matière d’évaluation environnementale pour les grands projets d’infrastructures, comme la construction d’un gazoduc ou d’un oléoduc ; Contre le projet de Trans Mountain, mais sans décision sur ce qu’ils feraient de ce pipeline ; Abolition des subventions pétrolières et gazières et investissement des sommes dans la transition vers l’énergie renouvelable ; Révision des processus d’examen des grands projets pétroliers, avec plus de temps accordé aux consultations publiques.

Opposition à GNL ; Mettre fin à l’expansion du pipeline Trans Mountain ; Fin de la production de pétrole bitumineux entre 2030 et 2035 ; Aucun nouveau projet relatif aux sables bitumineux, à la fracturation hydraulique, à l’extraction ou à la production de charbon, à l’extraction de pétrole ou de gaz, y compris au forage de puits en mer ne serait approuvé.

Opposition aux pipelines ; Attente de la décision du BAPE pour se prononcer sur GNL ; Mettre fin aux subventions aux énergies fossiles dans les 100 premiers jours après l’élection (et financer des projets liés à l’énergie avec cet argent) ; Droit de véto du Québec sur les projets de transport de pétrole sur le territoire

 

Taxe carbone

Abolir la taxe carbone ; Établir des normes sur les émissions pour les entreprises. Les dépassements seraient taxés pour financer la recherche et l’adoption de technologies vertes.

Maintenir la taxe carbone. Augmenter les redevances de 20 $ à 50 $ la tonne de GES d’ici 2022 ; 90% des recettes seront remises aux contribuables des provinces touchées pour couvrir la hausse du prix de l’essence et des coûts de chauffage, et pour accroître l’efficacité énergétique des bâtiments publics.

Maintenir la taxe carbone ; ajout d’un remboursement aux ménages à faibles revenus ; Éliminer les exemptions offertes aux grands pollueurs ; Les entreprises payeraient la taxe carbone sur une plus grande partie de leurs émissions, et les plus gros émetteurs assumeraient un plus grand fardeau fiscal.

Maintenir la taxe carbone ; Ajouter une « rente carbone »

Imposer à partir juillet 2020, une taxe de 30$ la tonne de GES aux provinces dans lesquelles les émissions de GES par habitant sont plus élevées que la moyenne. Cette taxe augmenterait à 200 $ la tonne d’ici 2030. Exemption des provinces exemplaires en matière d’environnement.

Transports

 

Interdire la vente de véhicules à combustion d’ici 2040

Transports publics 100% électriques et gratuits, investissement dans le transport ferroviaire ; Véhicules zéro émission ; Faciliter l’achat et l’utilisation de véhicules zéro émissions fabriqués au Canada ; 100% des nouveaux véhicules vendus sont zéro émission en 2040

Interdire la vente de voitures à essence d’ici 2030 (à l’exception des véhicules commerciaux ; Construire un train à haute vitesse Québec-Toronto et Edmonton- Calgary

 

Autres (plastique, emplois, bâtiments et technologies verts)

Réduire à 5% le taux d’imposition provenant de technologies vertes brevetées au pays ; Investir 250 millions de $ pour encourager la création d’entreprises de technologies vertes

Interdire le plastique à usage unique dès 2021 ; Loi sur la transition équitable, pour offrir de la formation et du soutien aux travailleurs touchés par le virage vers une économie verte ; Réduction de moitié du taux d’imposition des entreprises qui développent des technologies neutres en carbone.

Interdire le plastique à usage unique dès 2022 ; Bâtiments écoénergétiques d’ici 2030, rénover l’ensemble du parc immobilier existant d’ici 2050.

 

 

 

 


Que retenir de ce tour d’horizon ?

Alors que, lors des précédentes élections fédérales, l’économie occupait le devant de la scène, la pression citoyenne, notamment des jeunes ainsi que des groupes autochtones en appui avec d’autres groupes militants de la société civile, place désormais l’énergie et l’environnement à l’avant-plan des débats politiques. Pour la première fois, l’environnement serait même la principale préoccupation des électeurs.trices (22%) comparativement à l’économie et les emplois (12%) et la santé (10%), selon un sondage réalisé au mois de juin et rapporté dans un article du Devoir (Élections fédérales : le vert, la couleur de la campagne ?). Cette pression a produit un verdissement inédit des programmes des partis et une course aux enchères dans les annonces sans toutefois conduire à l’ouverture d’un débat sur le modèle économique responsable des dégradations de l’environnement. Le PVC, lors des dernières élections se démarquait à cet égard en évoquant ouvertement les « limites à la croissance » fondées sur la capacité de la planète dans son document de campagne intitulé Vision verte. Cette année, il vante, avec d’autres partis politiques, les mérites de la « transition vers l’économie verte ». Cela ne signifie pas que les programmes et les propositions des différents partis se valent en matière de politique énergétique et environnementale comme en témoigne le tableau synthèse ci-dessus ; mais l’investissement unanime de la thématique de la transition vers l’économie verte par les partis politiques nous fait prendre toute la mesure de la difficulté à critiquer l’idéologie du capitalisme vert sous-jacente au débat politique sur l’énergie et l’environnement. Il souligne, en revanche, l’importance du travail critique des organisations indépendantes comme Attac-Québec dans la promotion d’alternatives qui demeurent des impensés de l’arène médiatique et politique dominante.



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